L’histoire change, mais le style reste le même : Shan Sa nous livre la pensée de ses personnages l’un après l’autre dans de très courts chapitres, écrits d’une manière très fluide, limpide et poétique. Elle ne s’encombre pas de fioritures inutiles et parvient ainsi à nous faire ressentir un état d’esprit à la perfection. Il est d’ailleurs assez amusant de voir la différence de perception des deux personnages vis-à-vis des évènements qu’ils traversent. Je ne sais pas quelle alchimie Shan Sa arrive à créer en écrivant, mais j’éprouve un besoin compulsif de lire le chapitre suivant dès que j’en finis un, plus encore que dans un thriller haletant de Thomas Harris (que j’aime bien pourtant). Ce portrait d’une jeune fille prise dans les balbutiements de l’amour, de cet officier infiniment solitaire, de cette partie de go interminable bouleverse, amuse, émeut à chaque instant. Jusqu’à un final digne de la plus grande tragédie.
