Femmes, greniers et capitaux a tracé un double pont entre l’anthropologie et la théorie économique de l’exploitation d’une part et entre la sociologie « chaude » du fait migratoire et l’approche ethnologique de la parentèle « froide ». Il contenait une théorie de l’exploitation révolutionnaire pour le marxisme en inversant le rôle et le poids du profit et de la rente. À l’idée d’articulation des modes de production de P. P. Rey, il ajoutait la famille qui dans ses diverses formes produit le travailleur qui s’articule ensuite aux différents modes de production classiques. Ce rapport, bel et bien de production, assoit une exploitation spécifique des femmes. Du côté des migrations internationales et de l’esclavage Meillassoux a produit une théorie de l’exploitation au‑delà des murs de l’entreprise capitaliste. Il est peut‑être le penseur d’un aspect de l’exploitation et de l’historicité des sociétés que le postcolonial a cherché à atteindre en Amérique latine ou en Inde sous d’autres formes.
