L'Antéchrist, Imprécation contre le christianisme (Der Antichrist. Fluch auf das Christentum) est un livre écrit par le philosophe allemand Friedrich Nietzsche et publié en 1896. Le livre a été faussement présenté comme le premier livre de l’Inversion des valeurs, puisque Nietzsche avait en fait décidé que ce texte serait toute l'Inversion1. En fait, le titre peut être traduit en français à la fois par « L'Anti-Christ » ou par « L'Anti-chrétien » ; d'après le contenu du livre, il est probable que l'auteur sous-entende les deux sens. D'après Ecce homo, on peut supposer que l'Antéchrist est Dionysos, dieu qui symbolise pour Nietzsche l'antithèse de l'interprétation chrétienne de l'existence. Il est peu question du Christ dans cet ouvrage tardif (écrit en 1888, quelques mois avant que Nietzsche ne sombre dans la folie, il ne sera publié qu'en 1895), mais beaucoup du christianisme. Illusion, fiction, Idéal négatif parce que nourri de la faiblesse et du ressentiment, le christianisme désigne, pour Nietzsche, le pouvoir du mensonge. Il escamote la réalité et c'est pourquoi il ne faut pas seulement le réfuter ; il faut aussi le combattre. D'où une nécessaire violence à l'encontre des «malades» : «Ce qui est chrétien, c'est la haine contre l'esprit, contre la fierté, le courage, la liberté, le libertinage de l'esprit ; ce qui est chrétien, c'est la haine contre les sens, contre les joies des sens, contre la joie tout court.» Livre injuste et méchant donc, qui veut être un hymne à la belle humeur, à l'innocence et à la grâce, au bonheur et à la plénitude ; livre d'équivoques aussi, écrit par celui qui signera plus tard «Le Crucifié»...

